samedi 27 juillet 2019

maux de mots

Il est des mots qui apparaissent et me chiffonnent. Ils édulcorent un réel, deviennent tièdes sans oser dire tout simplement, par exemple : "black" plutôt que noir, "à mobilité réduite" plutôt que handicapé, "non voyant" plutôt qu'aveugle, etc...  Ils se répètent selon les modes à en être agaçants, même sur les ondes où la langue est reine ; "du coup", "délétère" sont les derniers que je retiens. Ils revêtent un sens caché contraire : "flexibilité" pour travail à la carte ou "réformes" pour suppression des acquis sociaux…Et parfois, je trouve qu'ils ont aucun sens. Comme les arts"plastiques". Quel plastique ou quelle plastique ??
J'ai toujours refusé de me présenter comme "plasticienne". Je préfère préciser la technique que j'utilise : peinture, dessin, sculpture, gravure,....

Cependant, en lisant la définition de Wikipédia :
"Un plasticien (ou "artiste plasticien") est un artiste ou créateur ayant pour média d'expression artistique des techniques ou des supports matériels variés, dits "plastiques". Ce terme, apparu au XXème siècle, est lié à la pratique des arts plastiques, il englobe tous les artistes de l'art contemporain (par opposition aux anciens Beaux-Arts)",
on peut penser qu'un artiste contemporain sera forcément plasticien sinon il est démodé et ringard. C'est ce que j'ai parfois ressenti en dédaignant le mot plasticienne.

Alors soyons fous, empruntons un langage commun. C'est ma décision, un laisser-faire, un partage de vocabulaire même s'il me semble brouillon. Afin d'être entendue.
Pêché d'orgueil c'était, mon refus d'utiliser cet adjectif ? Désir de mots précis, oui ! Peu importe, j'espère que les images priment et primeront sur le choix des mots dans ma profession. Mais ça, c'est moins sûr...

Pour terminer en couleurs, voici, présentée à ma dernière expo, une œuvre plastique, tic tic, puisqu'il s'agit d'un dessin sur tablette :


1 commentaire:

André de Presles a dit…

Je préfère le lézard vivant au lézard plastique, moi!